Qui suis-je ?
Architecte HMONP installée en Pays de Quimperlé, Finistère, j’accompagne des entreprises, des collectivités et des particuliers dans leurs projets de construction, réhabilitation et aménagement. Une conviction guide ma pratique : m’intéresser vraiment aux gens et à leurs usages avant de toucher au crayon.
En Corée cela s’appelle le Nunchi : l’art de comprendre les besoins réels derrière les besoins exprimés. Et c’est de là qu’ArchiNunchi tire son nom.
Une formation ancrée dans le réel
Quand il a fallu choisir une spécialisation en fin d’études, la réponse s’est imposée naturellement : le pôle Architecture Environnement et Développement Durable de l’ENSA Paris La Villette. Construire durable, penser l’économie foncière, anticiper les mutations de la ville — difficile d’imaginer sujet plus urgent.
Mon mémoire m’a emmenée sur le terrain de la démocratie participative dans les projets urbains. Pas de la théorie : des ateliers de concertation réels, avec de vrais habitants, sur de vrais projets de logements collectifs. Une conviction confirmée sur le terrain : l’architecte ne détient pas la vérité du projet. Les habitants n’ont pas besoin d’un balcon transparent, ils ont besoin de rangements. Ce n’est pas l’architecte qui le sait, c’est l’habitant qui le vit.
On ne conçois pas mieux que les gens, on conçois avec eux. Notre valeur d’architecte c’est de synthétiser, d’arbitrer, de trouver les bons compromis avec toutes les informations en mains.
EASA, quand l'architecture devient collective
Manchester, Cadiz, Helsinki. Trois éditions de l’European Architecture Students Assembly entre 2010 et 2012, d’abord participante, puis National Contact France, cheffe d’équipe d’une délégation dans un événement qui réunit plus de 300 étudiants en architecture, venus de plus de 30 pays.
La première année, j’ai vu des inconnus arriver et se jeter dans les bras les uns des autres. Deux semaines intenses, dans une ville d’Europe, tous animés par les mêmes valeurs et pourtant tous différents, parce que la culture architecturale varie d’un pays à l’autre. Ce creuset-là crée des amitiés solides. Aujourd’hui encore, des anciens membres d’EASA se retrouvent, s’accueillent, se mobilisent. Un réseau vivant, à l’échelle européenne.
Ce que l’EASA m’a appris au fond, c’est le goût de me mettre au service d’un collectif. Apporter sa pierre. Laisser une trace dans un lieu où l’on ne reviendra peut-être jamais, auprès de personnes qu’on ne recroisera peut-être jamais. C’est là, sans le savoir, que l’engagement associatif a commencé.
Les agences d’architecture, forger sa pratique
Après les études, Paris. Une petite agence fondée par un architecte et un ingénieur : deux regards croisés, beaucoup d’autonomie. On se retrouvait vite à gérer ses projets de A à Z, à faire des choix, à assumer. C’est là que j’ai compris ce que voulait dire être vraiment responsable d’un projet.
Puis Lyon, une agence plus grande, des programmes contraints. Sauf un concours très intéressant sur lequel j’ai travaillé dans cette agence, et que j’ai retrouvé quelques mois plus tard… en bureau d’études. La vie a le sens de l’humour.
Un détour passionnant
Cinq ans en bureau d’études audiovisuel, embarquée dans des projets d’envergure pour de grands groupes, L’Oréal, Sanofi, Crédit Agricole, aux côtés d’architectes de renom. Sièges sociaux, équipements collectifs, hôtellerie de luxe. C’était le début de l’immersif : concevoir des espaces pour que les gens y vivent une expérience, par le son, par l’image, par la lumière.
J’ai découvert un monde où l’espace de travail est pensé dans ses moindres détails : acoustique, visibilité, ergonomie, flux. Travailler avec les space planners, voir qu’ils intégraient progressivement les contraintes qu’on leur avait expliquées, c’était gratifiant. La pédagogie fait partie du métier.
Après cinq ans, l’envie de revenir à l’architecture s’est imposée. Avec une petite voix qui demandait si cinq ans en dehors de la commande directe ne m’avaient pas trop éloigné de ses logiques propres. Mais le badge accumulé était là.
ArchiNunchi, le pari
ArchiNunchi n’était pas une évidence, c’était un pari. Après des conditions de travail de plus en plus éloignées de mes valeurs, j’ai démissionné. Sans filet, ou presque, j’avais commencé à travailler en parallèle pour un ancien client, un chef de projet d’un grand groupe qui avait monté sa propre structure de consulting. Une étude de faisabilité, menée ensemble. La preuve que quelqu’un, en dehors de tout lien hiérarchique, avait choisi de travailler avec moi.
J’ai envisagé les space planners, un retour en agence traditionnelle. Puis j’ai choisi de me lancer. En me disant que si un ancien client avait fait appel à moi de son propre chef, il y en aurait sûrement d’autres. C’est comme ça qu’ArchiNunchi a commencé.
Entreprendre Ensemble, s'ancrer localement en Pays de Quimperlé
Co-présidente d’Entreprendre Ensemble, réseau d’entrepreneurs du Pays de Quimperlé, depuis bientôt trois ans. Tous secteurs, tous profils, une diversité que j’aime. M’intéresser à autre chose qu’à l’architecture, faire partie d’un groupe, comprendre comment les autres travaillent, entreprennent, se développent.
Cet engagement m’a aidée à mieux connaître le territoire, ses acteurs, ses dynamiques. Il m’a amenée à organiser des forums, des ateliers, des afterworks. Et comme souvent quand on s’implique vraiment, ça crée des liens. Des recommandations, des collaborations, des clients. La preuve que l’intelligence collective ne s’arrête pas aux murs d’un chantier.
Tout ce chemin converge dans une pratique que j’essaie de rendre cohérente avec ce que je suis. Je ne sais pas encore tout à fait où tout ça mène. Mais je sais pourquoi je fais ce métier, et avec qui j’ai envie de le faire.